La pauvreté a un visage de femmes

Femmes solidaires avaient lancé une grande campagne en 2005 sur « La Pauvreté a un Visage de Femmes », aujourd’hui avec la crise ce constat c’est aggravé.

Les féministes doivent mener une bataille acharnée et singulière contre l’une des violences faite aux femmes dans notre pays : la pauvreté.

Les femmes ont investi le marché du travail. Depuis les années 60, leur soif d’indépendance les a conduites à s’insérer dans les études et dans l’emploi. Bien sur l’essor des trente glorieuses a facilité cette insertion. La population active a donc changé. Le taux d’activité des femmes est de 80% environ. Mais derrière ce constat il y a des effets pervers.

Le taux d’activité n’a pas progressé depuis les années 90 et le temps partiel réduit considérablement les taux réels d’activité. L’emploi est-il un rempart pour éviter la précarité ? Les frontières de l’emploi et du sous-emploi, de l’activité et de l’inactivité sont fluctuantes pour nombre de femmes, en particulier pour les femmes les moins qualifiées. Les CDD, les temps partiels sont plus longs pour les femmes. S’il y a moins de chômeurs femmes ou demandeuses d’emploi c’est parce qu’elles basculent plus souvent dans l’inactivité.

Les faibles qualifications et l’emploi en discontinu vont aussi de pair avec les interruptions d’activités plus fréquentes lors de la naissance des enfants. Le congé parental accentue les difficultés d’insertion. On est là au cœur de la précarité. Cela va entrainer des retraites très basses de la précarité sinon de la pauvreté. Parmi les 45 Millions d’actifs à temps partiel 82% sont des femmes. Le secteur tertiaire est le plus pourvoyeur de temps partiels et c’est celui qui se développe au détriment de l’emploi industriel

Les exonérations de charges sociales liées à ces emplois font que les patrons en usent et en abusent. Nous pensons que le temps partiel doit être un choix pour les femmes. Elles doivent pouvoir retrouver un emploi à temps plein après un congé pour une grossesse ou après une formation par exemple. Les femmes sont aussi surreprésentées dans les emplois peu qualifiés. Ces emplois sont pourtant nécessaires à la bonne marche de la société comme les services à la personne où les salaires sont bas et les temps partiels imposés.

Nous demandons que soit crée un service public du troisième âge avec des emplois qualifiés et des salaires décents. Des catégories de femmes sont plus en souffrance que d’autres.

Les femmes en situation de monoparentalité

Les femmes en situation de monoparentalité sont très touchées par les contraints liés à l’articulation de la vie professionnelle et de la vie familiale. Elles ont toutes les tâches qui leur incombent et doivent jongler pour tenir tous les bouts. Le manque de moyens de garde est un frein à leur employabilité. Etre femme seule est difficile lorsqu’on n’a pas un emploi stable et bien rémunéré. Ces femmes basculent dans la pauvreté avec leurs enfants.

Les femmes immigrées

Les femmes immigrées ont aussi beaucoup de mal à trouver un emploi. Elles sont majoritaires dans les emplois à bas salaires, nettoyage domestique, aide à la personne etc. Elles peuvent aussi perdre leurs droits de séjour en cas de séparation ou de perte d’emploi.

Les femmes allocataires des minimas sociaux

Ces femmes sont les plus éloignées de l’emploi. Elles cumulent des difficultés professionnelles et souvent personnelles. La part des bas salaires dans l’emploi, la différence avec les hommes est disproportionnée, c’es 1 /4 pour les femmes, contre à peine 1/10 pour les hommes. 80% des salaires à bas revenu sont des femmes, 74% d’entre elles occupent des emplois à temps partiels. Le fait d’être femme et donc de devoir allier vie familiale et vie professionnelle aggrave cette situation. En effet les femmes vont accepter des emplois moins rémunérés, moins qualifiants pour raisons familiales. Elles vont choisir un emploi moins rémunéré mais plus proches de leur lieu d’habitation ou avec des horaires mieux adaptés à leur vie familiale. Bien sûr les retraites seront au prorata de ses emplois à bas couts. Comme nous le voyons les femmes sont plus discriminées dans l’emploi. Malgré ça elles continuent à vouloir avoir un emploi car c’est la condition sine qua non de leur indépendance. L’emploi des femmes est un élément fondamental de l’égalité, facteur de progrès, de cohésion sociale et de justice sociale. C’est une valeur en tant que telle.

Les femmes de doivent pas être culpabilisées par les tenants de l’ordre moral qui régulièrement veulent les reléguer à la maison. A quand le partage des tâches ménagères entre les hommes et les femmes ? A quand les congés parentaux pris par les hommes à part égale ? Les hommes ont souvent la tendance à rallonger leur durée de travail pour gagner plus et les femmes travaillent moins pour avoir du temps pour les enfants et la famille. Un dernier point, les structures d’accueil. Même si la France est plutôt généreuse en matière d’aide aux familles, les modes d’accueil restent insuffisantes. 2/3 des enfants de moins de trois ans sont gardés par leurs familles. Une attaque aux lieux de garde par le gouvernement, en minimisant le rôle d’éducation du personnel et en voulant diminuer leurs effectifs est en cours avec les « jardins d’éveils ».

Bien sûr l’école publique est aussi en ligne de mire avec les projets de suppression des maternelles. Ce qui impacterai directement le travail des femmes. Dans notre société « la précarité au féminin » est souvent absente de la plupart des réflexions sur la précarité. Nous pensons que l’analyse des inégalités et celle du fonctionnement de nos sociétés, ne peuvent être menés sans la prise en compte des mécanismes de la discrimination entre les femmes et les hommes.

A terme c’est toute la société qui peut être impactée. Les évolutions économiques influent sur les inégalités de genre et, en retour, celles-ci déterminent de nouvelles formes d’inégalités pour les hommes comme pour les femmes.

 


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